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Ubu
Cycliste |
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Remarquons la justesse du slogan « Le vélo a trouvé son éditeur »,
Le Pas d’oiseau éditions ayant déjà présenté Cyclistes aux Pyrénées, Vélo Toro ! et l’Ariège cycliste […] Bien au-delà du rassemblement de ses écrits
sur le Cycle,
où la verve humoristique rejoint le burlesque médiéval, il convient de saluer la présence
d’une préface exceptionnelle
qui permettra sûrement au lecteur de mieux situer un auteur dont le goût aristocratique
du scandale
se manifestera jusque dans
sa mort…
René Codani, Revue Cyclotourisme novembre 2007 |
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« Merdre ! », Alfred Jarry est toujours mort
Côté édition, on découvre deux facettes moins connues de l’auteur :
le Jarry sportif et le Jarry intime.
Les éditions le Pas d’oiseau a publié Ubu cycliste, répertoire d’œuvres et correspondances, dévoilant la passion de Jarry pour le vélocipède, entre deux verres de blanc ou d’absinthe. Dans ses récits, Jarry évoquera les quatorze virages du Golgotha, toujours guidé par la négation de l’illusion du réel, donnant du jarret et versant dans le fossé de l’absurdité, foutrement cathartique.
Marion Kerbœuf, Libération du 22 août 2007 |
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Ubu, seul en tête
Entrer dans la carrière d'éditeur par une brochure sur L'Ariège cycliste (2005) et par la reprise intégrale du Vélo ! Toro ! d'Edouard de Perrodil, récit d'un Paris-Madrid à bicyclette, voilà qui pouvait sembler sympathique mais peut-être géographiquement limité. Deux ans plus tard, Le Pas d'oiseau prend son essor et une autre dimension en offrant un considérable Ubu cycliste d'une modeste centaine de pages.
Grâce soit rendue à Nicolas Martin d'avoir déniché, réuni, et par là sauvé, huit autres texticules épars, du Mercure de France de novembre 1896 - critique d'un Cyclo-Guide - à La Revue blanche de mars 1903. Et peu importe qu'ils ne soient rattachés au cycle que par un fil ténu : le style
et la langue nous ébouriffent. L'intelligente préface du rassembleur de ces raretés ("La bicyclette, au même titre que l'absinthe ou le revolver, est un prolongement matériel du masque ubuesque qu'Alfred Jarry a porté durant toute sa vie") se nourrit de mille précisions, ne nous laissant rien ignorer de la "Clément luxe 96 course sur piste" acquise chez Jules Trochon, marchand de cycles à Laval, pour la somme conséquente de 525 francs (or) dont malgré avertissements et huissiers Jarry ne paya jamais un centime.
Il l'affirmait haut et clair : "Nous préférons (au) tourisme des sites et
des monuments, sans comparaison, l'émotion esthétique de la vitesse dans le soleil et la lumière, les impressions visuelles se succédant avec assez de rapidité pour qu'on n'en retienne que la résultante et surtout qu'on vive et ne pense pas." Jarry mourrait le 1er novembre 1907, à 34 ans, "à l'hôpital de la Charité d'une méningite tuberculeuse, après avoir demandé un cure-dents".
Jean Durry, Le Monde des livres, 21 décembre 2007 |
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Pascal d'Huez, pseudo en musette, aime le Tour et les coureurs.
Il chronique sur l'un comme sur les autres sans complexe et mouline
son savoir-faire sur les trois dernières éditions de la Grande Boucle. |
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Un livre tombé du ciel : […] irrésistible récit héroï-comique du Paris-Madrid effectué à vélo par Edouard de Perrodil et Henri Farman, Vélo ! Toro !, présentation classieuse par Nicolas Martin, dont on connaît le site Pacemaker consacré aux rapports entre cyclisme et littérature. […]
Perrodil et Farman traversent les Pyrénées sur une bicyclette Gladiator, pour rejoindre la place taurine la plus réputée. Amis de la pédale, pas d'affolement, nous sommes en 1893, il y a donc prescription. Pendant très peu de temps, les cyclistes sont les humains les plus rapides de la planète. Voir sur ce point Alfred Jarry. Ils ajoutent à la vélocité un goût pour la guignolade, l'acrobatie, les plaisanteries de voyou, balancent des gifles en passant et font peur aux vaches. Tout ça pour finir, un siècle après, dans la peau d'une pharmacie à guidon ou d'une citadine bêcheuse (voir Sempé)...
À Madrid, où ils sont attendus, fêtés comme partout sur leur route (champagne et vin sucré en guise de pot belge), Perrodil se lance dans un discours en castillan : "Il y a, dis-je, deux genres de révolutions : les révolutions violentes qui sont généralement courtes et sans influence sur les moeurs des peuples, et les révolutions pacifiques, dont les conséquences sont souvent d'autant plus profondes qu'elles sont lentes et font tout d'abord peu d'effet. La révolution vélocipédique est de ces dernières." […]
Francis Marmande Le Monde 11/01/2007 |
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De Paris à Madrid, c'est
le récit sorti des oubliettes d'une semaine de voyage
à vélo réalisé en 1893…
Alertée par la presse, la foule se densifie au fur et à mesure de leur progression, jusqu'à une arrivée triomphale dans la capitale espagnole où les deux cyclistes sont traités comme des héros. |

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Le premier récit aurait mérité d’être couronné par le prix Charles Antonin. C’est dire…
Dans le deuxième récit, plus concis mais bien senti, les cyclotouristes se reconnaîtront.
N’oublions pas la présentation d’Henri Taverner. On y découvrira un joli florilège de pensées sur le voyage à vélo et le tourisme à bicyclette.
Paul Fabre dans Le Randonneur n° 33, janvier 2007 |
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